Ma Bretagne littéraire

23 juin 2011

ÉVEILLÉ Xavier / Le guide de la Bretagne insolite & relax.

Bretagne insolite 
Le guide de la Bretagne insolite & relax.*
Xavier ÉVEILLÉ.

Note : 5 / 5.
Promenons-nous.....en Bretagne.
Déjà quand dans les remerciements de l'auteur je vois : Ólöf Pétursdóttir, je me dis deux choses, que ma cousine islandaise est très connue....et que ce livre doit être très bien, puisqu'elle y a participé ! Prenons ensemble les chemins de traverse pour traverser la Bretagne historique, la seule la vraie, celle des cinq départements. L'auteur est journaliste et homme de terrain, alors suivons-le pas à pas. Dans son avant propos il dit que nous autres bretons avons un sens inné de l'auto-dérision, je l'approuve.
Cinq illustrateurs (comme les départements ….hasard ou conviction historique) que je me dois de citer : Clam, Gégé, Gromy, Jiluk et Lefeuvre. Certains ont déjà participé à d'autres ouvrages de Trinka.
Deux classements, l'un par thèmes : Hébergements atypiques, Cafés & cabarets, Parcs de loisirs & sorties ludiques, Restos & salons de thé, Boutiques & visites d'artisans, et pour s'instruire Musées & découvertes nature. A noter aussi pour chaque catégorie une carte où sont répertoriés les lieux  à visiter ! La seconde liste répertorie les différents thèmes mais les classe également par département ce qui est une excellent idée. Une maison plantée sur une ancienne cheminée, à plus de 15 mètres du sol...titre du chapitre « Homme suie home », une nuit en prison (dorée sur tranche!) c'est possible à Belle-Île- en-mer ! Village indien à Languidic « Des Tipis en guise de penty », mais dans les prés il est plus facile de rencontrer des vaches que des bisons (futés ou non cela dépend des jours!) À Quemper-Guézenec, une nuit au moulin de Kergozou, les ailes de ce moulin ne brassent l'air que grâce à un moteur d'aspirateur bricolé par un génie qui ne manque ni d'air ni d'idées ! Une visite est envisageable pour moi peut-être bientôt. Il est également possible de prendre de la hauteur, dans les arbres, sur pilotis, pas nécessaire de faire le cri de Tarzan, ni de passer de la chambre au salon au bout d'une liane. Un chapitre se nomme malgré tout « de la septième vague au septième ciel » dépaysement garanti.
Je ne vais pas être bref sur les comptoirs, certains méritant le détour, ni sur les restaurants, certains méritant un retour après une première entrée. Le « Pesked » un café-restaurant où il vaut mieux être bien amarré suivant les marées qui ne font pas toujours marrer tout le monde...un endroit qui parait-il ne manque pas de sel...ni de spécialité de rhum...pour la route du Rhum, c'est ailleurs ! Un mot sur le fin du fin.... « Le café Librairie » ici celui de Berrien « L'autre rive » accostons...à la fin du premier chapitre..ou avant !
À Rennes « Les chaussettes de l’Archiduchesse » n'est pas uniquement réservée à la noblesse...l'idée est simple ; aller à la laverie c'est une corvée...allez-y tambour battant....les chaussettes oubliées sont sur le fil !
« La maison café » à Nantes avec un décor digne d' « Orange mécanique » alors ne les roulez pas et évitez de chanter « Singing in the rain ».
Les auberges ne sont pas toutes espagnoles, elles peuvent être « Des voyajoueurs » et tenues pas une dénommée Madame Anne-Sophie Hochet, qui dit très joliment :
-Je suis très joueuse par nature indépendamment de mon nom de famille. (dérision quand tu nous tiens.
Un champ de maïs transformé en labyrinthe...c'est géant....vous êtes vert...
A toute vitesse un petit tour à Loheac, et ce titre...Gwenn ha du à damier, dérapage contrôlé....attention au contrôle biniou !
Restons dans les transports et non pas trans ports..avec « Le vapeur du Trieux, les gars de la Micheline » qui relient la gare de Paimpol à celle du Trieux....il faut aller au charbon ...Trugarez deoc'h, matelots !
Un mot pour des gens qui n'habitent pas loin de chez moi, Nathalie et Arnaud Beauvais, du restaurant « Le jardin gourmand ». En plus de ses qualités de cuisinière,  madame écrit des livres de cuisine qui mettent l'eau à la bouche, et qui se vendent comme des petits pains. Ma plus jeune fille est une grande fan et j'aime bien aller manger chez elle.....tentative d'invitation à peine déguisée...Dommage que le dessin qui illustre ce texte ne soit pas un peu plus ressemblant.
Une bolée, une niniche, sucette au beurre salé, un peu de miel dans le chouchen...j'arrête cette énumération gastronomique.....enfin un petit macaron pour la route..à Etel pas de barrière entre nous ...ils valent bien un détour et quelques grammes supplémentaires ou un supplément de bagage.
A Guérande et cela non plus ne manque pas de sel....on peut échanger une botte avec le châtelain ? Hé oui....mais il faut être fin tireur....On croise, pas le fer c'est fait (voir un peu au dessus) quoique...mais la route d'un poète ferrailleur à Lizio, qui lui ne vit pas dans une tour d'ivoire. Un site mégalithique à Montneuf ? Cherchez l'erreur, le calendrier ne doit pas être le même.
Dans les autres curiosités (et non pas pilosités) un coiffeur de rue à Concarneau comme dit l'auteur du livre « à l'hair libre » donc pas la peine de couper un cheveu en quatre...le débat est clos, la ville aussi d'ailleurs.
Je ne peux pas, bien évidement, faire une liste non exhaustive des merveilles et curiosités que recèle ce livre de 225 pages que l'on trouve dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Et qui maintenant va prendre place dans la boîte à gants de la voiture.
Une colle mais je préviens aimablement (là je me force) qu'il n'y a rien à gagner, à part peut-être ma considération peu distinguée. Que signifie ce sigle :
M.P.U.C.B.T.B ….................
J'en connais qui donne leur langue au chat !
Éditions : « La ligne pourpre » à Quimperlé. 2011. Site (non mégalithique) ici.
* 100 lieux de vie surprenants.
Bretagne insolite/ Gâvres.
Gâvres


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10 juin 2011

Week-end noir...

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Site du Goéland Masqué ici :

 

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24 mai 2011

Faites des mots. Trélévern. Côtes d'Armor.

 

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Faites des mots en Côtes d'Armor.

Le site ici :

http://faitesdesmots.free.fr/PAGES/invites2011.html

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14 mai 2011

TRINKA / L'étonnante histoire de Rennes.

 Rennes

TRINKA .
L'étonnante histoire de Rennes...*

Note : 4 / 5.
Si Rennes m'était contée.....**
Trinka continue de nous faire découvrir la Bretagne par des ouvrages mêlant histoires, anecdotes et illustrations. Après le Finistère dont j'ai déjà parlé ici (Brest même ), le Morbihan, voici Rennes, les rues , les personnages , parfois les deux, par exemple Rallier du Batty qui a donné son nom à une rue du centre ville ?
Les illustrateurs, car vu leur nombre ils sont plus fort que moi : Bélom, Bordier, Gégé, Patrick Gromy, Lefeuvre, Nono et Nouveau. Voilà je n'ai oublié personne !
Les incendies meurtriers, les épidémies de peste, les guerres et les invasions, l'histoire est souvent, mais c'est partout pareil, violente et sanglante, alors ne nous attardons pas sur ces épisodes macabres. Les seigneurs des gentilshommes ? Les ecclésiastiques des saints hommes ? Les parlementaires uniquement là pour servir ou déjà pour se servir ? Il semble que les temps ne changent guère.
Quand l'histoire rappelle le présent... de  qui Marie-Thérèse Cloitre parle-elle dans ces lignes ? :

Il s'agit d'une visite de propagande pour montrer l'intérêt que*** porte aux Bretons, illustrer les progrès apportés par le régime : la stabilité, l'ordre et des innovations....
Des sites marquants de la ville,  le Parlement brulé et reconstruit, le musée des Beaux-Arts, la piscine Saint- Georges construite en 1925 dont la mosaïque signée Isidore Odorico fait 96 mètres de long !
Il ne faut pas oublier le jardin du Thabor, où doit avoir lieu depuis plusieurs années un pique-nique de blogueurs, mais le célèbre crachin breton fait que c'est toujours reporté aux calanques armoricaines.... Des balades à Cesson, ne cessons pas nos balades, Rennes est réputé pour être une des villes les plus agréables à vivre. Dommage et là aussi, la tradition est tenace que certains jeudi la rue Saint Michel mérite son célèbre surnom de « Rue de la Soif ».
L'équipe de football du Stade Rennais est la représentante sportive la plus connue de la ville, et dont terrain se trouve ...route de Lorient.
De nombreuses manifestations culturelles se déroulent tout au long de l'année, les Trans Musicales, Travelling Avant pour le cinéma etc...
Un dernier petit mot, sur un tube  qui m'a beaucoup amusé il y a quelques années maintenant:
Mangez-Moi (à ne pas prendre au pied de la lettre ») de Billy ze Kick ou la tentative de séduction d'un champignon le soir au fond d'un bois !
Les personnages célèbres sont très nombreux dans cet ouvrage, trop nombreux pour les citer tous ! Honneur aux dames, la plus célèbre d'entre elles Anne de Bretagne duchesse de Bretagne puis reine de France, son mariage ne fut pas retransmis en mondovision ! Pourquoi ? Allez savoir ! Stéphane Bern n'était peut-être pas disponible ce jour là !
Marie-Victoire de Lambilly est peut-on dire la première femme avocate de France. Par une remarquable plaidoirie en 1799, elle obtient l'acquittement de l'homme qu'elle défendait...son époux. Simone Morand, grande dame de la culture bretonne gastronome, musicienne, enseignante et femme de radio.
Geoffroy, duc de Bretagne à l'âge de 11 ans...La couronne n'attend pas le nombre des années.
Au rayon littéraire, un auteur que je ne connais pas, Noël du Fail qui est qualifié de « rabelaisien » ,né en 1520, ( je ne savais pas lire à l'époque, donc je suis tout excusé.) Paul Féval lui, est né à Rennes également en 1816;   j'avais à ce moment là appris à lire, donc lui, je le connais, en particulier son roman « Les libérateurs de l'Irlande » mais son ouvrage le plus connu est « Le Bossu ». Il avait la dent dure pour sa ville natale :

- C'est une bonne ménagère, toujours en déshabillé, qui ne veut point s'embellir par la parure.....
Rennes est nue...où du moins court vêtue.
Alfred Jarry père du célèbre « Ubu  roi » a enseigné à Rennes.
Parlons gastronomie, juste un peu. La célèbre « Galette-Saucisse » mais aussi le beurre et le cidre et quelques spécialités moins connues. Le « Coucou » de Rennes est une poule (pas de luxe, bien au contraire, elle est réputée pour se contenter de peu) et elle ne coucoute pas, elle caquette comme les autres. Le petit gris, est un melon dont la particularité initiale était d'être cultivé sous du fumier à bas de crottin de cheval..Ce n'est pas le melon de Cavaillon mais le melon du Cavalier ! Henni soit qui mal y panse !
Les moyens de transport au fil de la Vilaine puis au fil du temps.. ..de la diligence qui malgré la diligence du postillon qui parfois postillonnait ( à noter que ce brave homme n'avait pas le droit de quitter sa place de tout le voyage!). Du simple train, 16 heures pour rallier Rennes à Paris au TGV, de la calèche au métro. La construction du souterrain et les affaissements de terrain que je découvrais le matin en allant travailler....la construction ne fut pas un long fleuve tranquille, ni celle du magnifique bâtiment « Les champs libres » haut lieu culturel de la ville de Rennes.
Une anecdote personnelle, j'ai appris grâce à ce livre, que le bâtiment habitant le théâtre de la Parcheminerie était une ancienne tannerie....pendant 10 ans j'ai fabriqué des chaussures à environ 30 mètres de ce lieu. Et dans cette même rue à la fin de la guerre furent tondues certaines femmes livrées à la vindicte populaire.
Le titre du dernier chapitre : Une ville où il fait bon vivre.
Presque le ...paradis.
Pas d'extrait mais un dessin signé Nono et Trinka.
Éditions : La Ligne Pourpre (2011).
*des origines à nos jours.
** Désolé je n'ai pas trouvé mieux.
*** l'Empereur (Napoléon III), ou le Président actuel qui comme chacun le sait est un grand ami de la Bretagne ! Malgré son discours très électoraliste de Port-Louis ! Rayez la mention inutile. La question est posée mais le discours est troublant.
Rennes_Nono

 

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08 mai 2011

EMERY Alain / Gibiers de potence. Meurtres sur le Tro Breizh.

 gibiers

Gibiers de potence /Meurtres sur le Tro Breizh.
Alain EMERY .

Note : 5 /5.
La potence n'attend pas le nombre des années...
Un petit recueil de nouvelles noires, basé sur une vieille croyance bretonne qui dit ceci : tout breton doit de son vivant faire le Tro Breizh ! Un pèlerinage à pied, autrement c'est trop facile, allant de Saint Malo à Vannes avec plusieurs escales pour honorer les saints fondateurs. Sinon, il faut le faire après son décès, mais pas très vite, la longueur d'un cercueil tous les sept ans....Je ne suis pas rendu ! Car bien que très breton, je ne suis guère croyant.
Vingt sept étapes, (plus que le tour de France) vingt sept chemins de croix, vingt sept calvaires, vingt sept villes, vingt sept nouvelles, en avant et à chacun son tour.
Une affaire Callas à Dol de Bretagne, mais que fait Voltaire, ou alors la police d'ailleurs ? « Cocagne » prenez deux frères (Pas trop bien finis) producteurs de cidre fortement escrocs, une jeune femme canon (je dirais plutôt bolée mais ça ne correspond pas du tout à son physique) qui aimerait bien devenir la « Reine des pommes » ! Amour filial ou amour physique ? C'est noir et alambiqué. « Fortunes de mer » pour certains bien sûr c'est plutôt l'infortune! Le bonheur des uns fait le malheur des autres, c'est bien connu. Et puis entre collègues de travail.....« Bonne espérance », le tout c'est de passer le cap et non pas de trépasser. Copain et Neveu sont sur un bateau...Une belle et triste histoire que seule la mort d'un des deux permettra de connaître, avec un final inattendu et renversant ! Un très grande nouvelle comme je les aime. « Trio gagnant » moins on en sait mieux cela vaut . Pas toujours et même parfois c'est l'inverse ! « Le banquet » c'est une soirée pas comme les autres ! Il faut se méfier des fausses notes quand on reçoit un cadeau de la part du pianiste ! Un sacré dilemme, l'oreille ou le petit doigt ? N'est pas Van Gogh qui veut ! Abandonné par une femme pour un maitre nageur, c'est une affaire qui peut-être vite torchée, mais qui ne fera pas forcément long feu. Quand un inconnu vous suit dans la rue, ce n'est pas forcément que votre déodorant lui fait un effet magique ! Quelle sombre histoire cache ce noceur pitoyable à Quimper, quel secret l'alcool l'aide t-il à oublier ? « Jouer avec la foudre » vous le révèlera. Une des nouvelles les plus réussies de ce recueil. Détour par Lorient avec « Maison mère » qui nous montre, si besoin est, que l'argent est le nerf de la guerre et que la vie d'un homme n'est pas négociable.... et pourtant ! Elle est belle la vie à Belle Île, sûrement..Un jour un poète inspiré chantera peut-être : J'aime Belle Île et sa falaise....Le bonheur c'est simple comme un coup de fil, mais bon c'était une publicité mensongère ! « Minot » pourrait se résumer de manière cinématographique par « Trois gredins et un gamin », enfin quarante ans le gamin ! Les personnages, comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle et se plantent très souvent !
Expert en coaching sentimental, c'est pas tuant comme boulot alors il faut bien que quelqu'un d'autre s'en charge ! Un homme qui attend son heure de gloire, il n'y a pas d'âge pour cela, et tous les moyens peuvent être bons. C'est dure la vie, on rêve d'être pompier, dompteur et on finit détective privé spécialiste en filature de maris coureurs de jupons, un « Vaurien », une sorcière et une boîte en fer blanc, il y croyait dur comme fer au trésor, le jeune garçon ! Un homme discret qui n’empoisonne pas la vie des autres dans « Notre Dame de la Haine », un homme muet comme une tombe c'est naturellement taiseux, un homme d'affaires nommé Edouard, toute ressemblance etc....une galerie de perdants pas toujours, pour ne pas dire jamais, magnifiques.
Des nouvelles comme je les aime, noires avec des chutes précises et surprenantes. En plus un tour de Bretagne littéraire ne se refuse pas. D'Erquy à Lorient en passant entre autres par Lannion, Pont l'Abbé, Quimper, Brest, la pointe de la Torche, bref des lieux où il fait bon mourir, enfin quand ce sont les autres qui y passent!
Et quelques souvenirs de mes deux rencontres avec Alain, sur le port du Dahoüet pour l'apéritif... et aux Sables d'Or l'année dernière pour le salon du roman policier organisé par les éditions Astoure.
Et cette phrase qui me rappelle ma jeunesse :
- Ils se jetaient dessus comme la vérole sur le bas clergé ! Ma mère ajoutait, après bas clergé « breton » ! Éduqué de la sorte, le Tro Breizh n'était pas à l'ordre du jour familial.
Extraits :
- Une prénommée Marie-Louise. Bien en chair, par-dessus le marché. Jolie comme un cœur et balancée pour la gaudriole. Opulente et prometteuse. Des yeux de braise enchâssée dans de la peau de pêche. Des hanches taillées pour le clin d’œil.
- ...mais le meurtre a ceci de commun avec l'amour au fond, c'est le premier pas qui compte. Le reste coule souvent de source.
- Si tu lui demandais de te citer trois philosophes, il te balançait Luger, Beretta et Kalachnikov.
- La mort est une amarre comme une autre.
- C'est le moment de te présenter Maryline. Ma batte de base-ball. Je suis de la vieille école. Un tactile.
- A table, ils parleront fort. Comme de jeunes vieillards redevenus, l'espace d'un soir, de furieux chenapans.
- Regarder la mer ronger son os m'a mis les nerfs en pelote.
- La mort est une idée courte. Mais tout ce qui suit traîne la plupart du temps en longueur.
- En un mois j'étais passé du statut de branleur à celui d'amoureux transi.
- C'est un brave type. Ce qu'il sait des humains, il l'a appris sur les bateaux et derrière son zinc.
- On fait n'importe quoi par amour mais j'ai toujours eu une préférence pour les conneries.
Éditions : Astoure (2011).
Eglise / Lorient
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27 avril 2011

DREAN Michel / Au coeur du Léthé.

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Au cœur du Léthé.
Michel DRÉAN .

Note : 4,5 / 5.
C'est Léthé lointain, dans le temps et l'espace !*....
Il y a maintenant plusieurs années que Michel et moi nous connaissons, et la découverte d'un de ses nouveaux romans est toujours très agréable, alors en route... Et de la route dans ce roman, il va falloir en en faire (et parfois en enfer et même dans des îles paradisiaques, qui sont un peu pavées de mauvaises intentions!)
Nous sommes en 2019, l'état du monde ne s'est pas arrangé, les attentats terroristes ont rendu nos sociétés de plus en plus politisées. Le prix du pétrole flambe, les drogues synthétiques se répandent à une allure folle. En France où Brice Hortefeux a été élu président devançant Manuel Vals, la situation financière est catastrophique, des coupes drastiques dans le budget laissent des quartiers entiers à l'abandon ; alors les gangs s'installent et la loi de la jungle règne. Les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches survivants de la période « Bling-bling » sont de plus en plus riches, futiles et arrogants.
Dès lors la télévision va remplacer les antiques jeux du cirques et devenir l'opium du peuple....mais dans cette lutte à l'audimat, à la notoriété, à l'argent et à la puissance, la lutte est sans pitié.
Le titre de la première partie du livre est : L'impossibilité d'une île !
Car pour rester dans le ciné ou la télé réalité, pour que le téléspectateur (ou la téléspectatrice d'ailleurs) ait sa dose d'émotions fortes, il faut que le casting et le spectacle soient à la hauteur, même si cela semble voler au ras des pâquerettes.... Medhi est un de ces concurrents, un comme les autres.....
Pour réussir ce tour de force (hauteur et pâquerettes réunies) rassemblée dans un endroit cerné par les eaux, une brochette d'hommes et de femmes venus là par nécessité ou par prétention et les faite vivre (sans vivres!) à la dure et sous le regard d'un bataillon de caméras.....Tous les ingrédients d'un grand spectacle sont réunis, mais petit à petit les participants ne sont pas ceux que l'on croyait... et les dés sont dès le départ pipés...Et quand en plus la nature s'en mêle, déréglant tout le scénario prévu, la catastrophe est proche. Mais quel était le vrai scénario ?
Dans la seconde partie du roman : le projet Léthé, nous retrouvons Medhi, rescapé d'un long voyage, aux prises avec une réalité toute différente, mais tout aussi apocalyptique. Et encore une fois il devra combattre pour sauver sa peau. Le champ de bataille a changé, la nature luxuriante est remplacée par la grisaille du béton des quartiers des alentours de Paris.
La troisième partie de ce roman est appelée « Sous la protection de l'ange ». Est-elle bien nommée ? Le monde s’apaisera-t-il ? Au bout du chemin, enfin les révélations.....Le meilleur ou le pire des mondes ...et si les deux étaient les mêmes... ?
Medhi Chariff est le héros de ce roman. Mais qui est véritablement cet homme, dont l'esprit est traversé de pensées fulgurantes ? Qui sont ces femmes ou enfants qui hantent ses rêves ? Pourquoi est-il devenu l'objet de cette chasse à l'homme ?
Parmi les nombreux personnages secondaires, j'ai beaucoup d'estime pour Novak Blasevitch et Lucie Buru, gens ordinaires mais très attachants, ils sont voisins de palier, il la protège et l'aide..Un soir de beuverie, ils ont fait l'amour, lui aimerait recommencer, elle non....mais il aidera Medhi à savoir la vérité.
Les riches sont comme on le devine les résidus de ceux qui ont fait florès aux environs des années 2005 et qui sévissent encore......
Des chapitres courts pour un récit très prenant et qui malgré un éclatement géographique (Ile du Pacifique, Amsterdam, New-York, Paris, Nantes, le Québec etc...) reste très cohérent. Dans ce roman, comme dans tous ceux qui traitent du même sujet, l'avenir de notre société, l'injustice sociale et le manque de perspective pour la majorité des gens sont flagrants. Une chose est originale, c'est que le monde décrit ici est plus que plausible pour ne pas dire probable, et qu'il n'est pas très lointain...2019, c'est très proche. Certains personnages et quelques situations font malgré tout partie de notre quotidien....un peu d'humour malgré tout, bien que l'auteur ait dit qu'il avait essayé de ne pas trop faire de jeux de mots et aussi le portrait féroce mais mérité d'un personnage très public que tout le monde reconnaîtra dans la description qui figure dans les extraits.
Un très bon roman mêlant études de sociétés, roman noir et anticipation.
Extraits :

- La lutte pour la survie était partout et jusque dans les cœurs canins.
- Il venait de faire connaissance avec la tradition ancestrale des rérés de Polynésie.
- Le trou du cul du monde avait quand même de sacrées couleurs.
- Un homme de l'ombre. Le grand public ignorait jusqu'à son existence mais son pouvoir était immense.
- Certains appelaient cela un crime d'honneur. Le putain de prétexte ignoble.
- Au fond, la vie était belle même au milieu du chaos. Du pognon, de la bonne herbe, des potes qui se seraient fait tuer pour lui, des meufs qu'il pouvait cueillir autant qu'il en voulait. Que demander de mieux ?
- Il la trouva belle et s'en voulut de cette attirance qu'il n'arrivait pas à combattre et qui rendait les choses si difficiles.
- Adossée à la petite lampe halogène, près d'un vieux bouquin écorné des Kerouac, la photo de Lucie lui souriait.
- Toujours des questions, jamais de réponses.
- Toujours dans l'ombre. Dans le no man's land tortueux et obscur de la raison d'État que la raison réprouve. Au fond, il n'était rien d'autre qu'un barbouze de la science. Et cela lui suffisait.
- Delaplace regarda sa Rolex. Il se souvient vaguement de la vieille histoire d'un connard oublié qui avait bavé à la télé et que celui qui n'en possédait pas une à cinquante ans avait raté sa vie.
- Dire qu'un jour, il avait milité pour ce nabot ridicule qui voulait tout régenter du haut des chaussures à talonnettes. Comme tout cela lui paraissait loin à présent. Et si dérisoire.
Éditions : Pourquoi viens-tu si tard ? (2011)
Les titres de chroniques auxquels vous avez échappé :
Télé mon bon plaisir ; Chariff fais moi peur ! ; Léthé de tous les dangers ; Léthé du Bocal ; Souviens-toi Léthé dernier, etc....
En route pour l'île
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15 avril 2011

POULIQUEN Louis / Les marées d'équinoxe.

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Les marées d'équinoxe.
Louis POULIQUEN.
Note : 5 / 5.
Voyage ultime, le trépas!
J'ai fait la connaissance de cet auteur au salon des écrivains bretons de Carhaix. J'avais beaucoup apprécié sa gentillesse, avant de découvrir ses qualités d'écrivain en lisant  « Mon vieux grenier en Bretagne ». Je poursuis ma découverte avec cet ouvrage « Les marées d'équinoxe ». C'est un livre bouleversant qui raconte le combat perdu d'avance d'une femme et de son entourage contre le cancer.
Jacques, le narrateur de cette histoire, nous parle avec pudeur et retenue de sa vie, en particulier d'un été dans leur maison de campagne près de Roscoff, sur la pointe de Sparfel. Son épouse, Line est persuadée du décès de leur fils Nicolas, qui ne donne plus de nouvelles depuis très longtemps. La dernière carte postale reçue de Bombay était très énigmatique : « Enfin l'Inde!!! »
Alors, Line lit et relit tout ce qui touche à ce vaste pays, entre en contact avec le consulat de France, décide de partir chercher son fils, mais hélas, le voyage est un fiasco, elle se rend compte de l'inutilité de son voyage et de ses recherches! La famille rentre en France et à bout de force, Line décide d'arrêter son traitement, malgré l'avis de Valmaure, son médecin et ami de longue date. De l'Inde, où ils ont gardé des contacts avec les autorités françaises, certaines nouvelles arrivent, la montre de Nicolas a été découverte au poignet d'un Néerlandais décédé, semble t-il, d'une overdose! Jacques y voit une raison d'espérer, Line, une raison supplémentaire de se persuader de la mort de son fils.
Commence alors le récit de la vie de tous les jours, rythmée par une multitude de petites choses, les visites des Valmaure, les lettres du consul de France, les promenades de plus en plus contraignantes. La santé de Line se détériore, mais le combat est pour elle fini depuis qu'elle s'est persuadée de la mort de Nicolas, perdu dans cet immense pays qu'est le sous-continent indien.
Les personnages sont des gens ordinaires, malgré des situations sociales élevées dans le monde de la médecine, ils n'oublient pas la modestie de leurs origines.
Line est en profonde osmose avec « Le vieux pays », elle le ressent intimement, ce que ne comprend pas toujours son mari. Elle se remémore son enfance bretonne, ses parents, sa mère très religieuse. On sent en elle certaines contradictions, elle ne prie plus, mais assiste avec foi aux pardons, même quand sa santé décline. Un très beau personnage.
Le narrateur travaille dans une clinique, il n'est pas dupe des efforts de son épouse pour garder un reste de vie en elle, ainsi qu'une certaine coquetterie. Il respectera la décision de son épouse de ne plus se soigner, et tentera de soulager ses souffrances. Il lui fera, à sa demande, la promesse de ne pas se remarier.
Nicolas fut, dès sa jeunesse, un être aux multiples facettes, parfois brillant, souvent irritant, malgré un certain confort matériel, il abandonne une vie classique pour des années d'aventure, sorte de voyageur des temps modernes.
Les Valmaure, lui médecin, est l'ami, le confident. Mais malgré tous ses suppliques, même aidé en cela par son épouse, Line ne veut plus lutter. Il sait très bien que malgré tous leurs efforts, thérapie ou pas, l'issue est fatale, mais par devoir il tentera jusqu'au bout de faire fléchir Line.
Berthe, qui aide le couple, est une vieille fille des environs. Jacques, Line et Nicolas représentent la famille qu'elle n'a pas eue. Avec Line, elle partage l'amour de la terre natale et de ses secrets. Pour elle, les marées d'équinoxe sont des moments de peur et de maléfices. Elle représente un certain bon sens paysan et une religiosité mêlée de croyances anciennes.
Un très beau livre, Louis Pouliquen sait très bien de quoi il parle. Il fut de très nombreuses années chef de clinique à la faculté de Médecine de Paris. Mais avec tact, il évite le piège du mélodrame pour donner beaucoup de vérité à son texte.
L'auteur n'oublie pas la Bretagne, celle des terres, des Monts d'Arrée, des pèlerinages et des enclos paroissiaux. Deux chapitres d'ailleurs ont pour noms « Cantiques en Terre Sainte » et « Cantiques à Sainte Barbe ». L'auteur a un très beau nom, qu'il emploie souvent pour ce lieu : « Le vieux pays »
Ce roman est très différent de « Mon Vieux grenier en Bretagne », ici le propos est plus grave, la mort est le personnage central de ce récit. Un très grand livre qui m'incite à continuer la découverte de cet auteur.
Extraits :
- C'est la fin, toute proche. Nous marchons vers elle.
- C'est une fuite de Line vers notre maison de Bretagne qu'on appelle le Presbytère, vers sa maison, pour y trouver refuge, s'y cacher et mourir.
- Ces noms qu'aujourd'hui nous taisons. Bornes noires sur la route de notre défaite.
- Pour Nicolas, nous sommes de la race de ceux qui, toujours, restent à quai.
- «Tu ne peux pas comprendre ! » disait Line, avec ses inflexions d'accent breton qu'elle retrouvait dès qu'elle mettait le pied sur ces terres. « Tu ne peux pas comprendre. Tu n'as pas de racines. »
- Le temps était doux, humide, gris, breton, entre deux tempêtes.
- Mer en majesté ! Divine nature !
L'abbaye, les Monts, les enclos... il existait entre Line et ce coin de terre une symbiose extraordinaire. Des liens qui dépassaient la raison, une sorte de cordon ombilical par lequel la vie, depuis que Line était venue au monde, n'avait cessé de couler en elle. Là où, disait-elle, palpitait le pouls du vieux pays, là aussi était son coeur.
- Line me découvrait la Bretagne intérieure, grise, secret, désertique, profonde, mortuaire. Je le répète c'était en novembre sous un ciel bas.
- « Ma mère... mon père.. »Et la silhouette des parents se profilait dans l'ombre de la chambre.
-« Ils m'aimaient... ils étaient simples. Ils étaient pauvres... Mais près d'eux, j'ai été si heureuse!»
- C'était la fin. « Elle a tout moissonné », aurait dit Corentin Malgorn qui parlait de la vie en termes de récolte.
Éditions : Coop Breizh 1997/ Coop Breizh (Poche) 2007.
Autre chronique de cet auteur :
Mon vieux grenier en Bretagne.
Marée basse sur le Scorff (Lorient).
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29 mars 2011

DREAN Michel / Genèse éternelle et autres brèves de contes noirs.

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Genèse éternelle et autres brèves de contes noirs.
Michel DRÉAN.
Note : 4/5.
Notre avenir est devant nous ?
Quatorze contes noirs se déroulant dans un futur plus ou moins proche et plus ou moins moche! Plutôt plus que moins d'ailleurs. Dans une préface très intéressante, l'auteur nous parle de la différence d'écriture entre la nouvelle et le roman. Il dit ceci - « La nouvelle pourrait paraître plus facile. Mais c'est un exercice à part entière qui demande de respecter d'autres règles, d'autres codes d'écriture ».
« Genèse éternelle » pourrait avoir comme morale, la vie est un éternel recommencement. Oui, mais jusqu'à quel point? « Le fraisier » nous démontre dans un très beau récit que les apprentis sorciers qui veulent changer le monde risquent de nous faire sucrer les fraises avant l'heure! « Vénus » est une des meilleures nouvelles de ce recueil. Dans un fest-noz, un soir, un chanteur Yann Le Ruzic, de retour au pays, entonne une « Gwerz » qui parle d'un bateau, d'une sirène évidement d'une grande beauté. Mais la mort est-elle réincarnée dans la beauté? Une histoire étrange, mêlant la ville dYs et le monde moderne. « Noël Atomique ». Nous sommes le 21 décembre 2199, à New-Lorient, la canicule est générale, l'eau est montée de plusieurs mètres, les villes de la côte sont reconstruites à l'intérieur des terres. Les guerres sont religieuses, une seule religion par bloc militaire. La vie malgré tout continue....
Gaetan Nallet traque Jean-Philipe Lenoir. Son but, le prendre en photo, car Lenoir, ce n'est pas tout blanc, semble-t-il! Les photos sont réussies, mais différentes du résultat escompté. Le développement de cette histoire se trouve dans un récit en noir et blanc nommé « La Photo ». Dans « Hopperland », l'auteur nous parle de ce qu'une personne ressent en regardant un tableau d'Hopper. Et imaginez ce qui va se passer dans la vie des personnages une fois qu'ils seront sortis de ce cadre.  « Le destin » d'un personnage se joue parfois sur le fil du rasoir! A Lorient comme ailleurs! L'amour est un phare qui éclaire une vie, c'est romantique, mais un phare, c'est aussi un endroit où ont eu lieu de nombreux naufrages.
Un auteur crée une héroïne, il prend possession de sa vie, de son corps. Il la promène aux quatre coins du monde, il lui attribue des amants selon son bon vouloir! Mais au fil des volumes, la lassitude gagne l'auteur, alors il organise sa mise à mort et la messe est dite! Il vend un maximum de livres et récolte un maximum d'argent. Mais le personnage vient demander des comptes! Des comptes d'auteur évidement. Un vétéran devenu exécuteur des basses oeuvres du gouvernement en place. Un père et sa fille partent acheter un animatronic. Devant la porte se tient un vieil homme, l'exécuteur le tue froidement. Pourquoi, se demande la petite fille? Un photographe qui tente le diable, un homme de couleur qui, lui, tente un gros coup et le réussit! Un policier proche de la retraite doit ravaler sa colère envers son successeur. La vie et la mort, ce n'est pas un jeu d'enfant! Pourtant un enfant va en faire la triste expérience. Tuer un clochard, même en s'amusant, c'est détruire une vie, et cette vie....Pour chaque récit, l'auteur nous parle de la genèse de ceux-ci, certains étaient des scénarios pour BD. D'autres sont nés de la lecture des faits divers ou sont par exemple une relecture d'une nouvelle d'Yann Quéfellec ou comme « Le destin » qui est comme une continuation de « Keromensonge » , dans l'ambiance si particulière de la zone portuaire de Lorient. Le phare d'Eckmühl sert d'inspiration et de décor au dernier récit de ce livre.
Une dernière chose, l'auteur a créé des mots nouveaux, hélitram, roboducteur, animatronics etc, pour « Noël atomique ».
Extraits :
- Une seule race lui résistait : la sienne.
- À ce moment, l'homme ne serait plus depuis longtemps qu'un OGD. Un Organisme Génétiquement Digéré.
- Un petit bourg comme il en existe trop maintenant, mélancolique de son passé, malade de l'avenir, qui voit sa population se réduire comme peau de chagrin.
- Rémi se tait. Il a largement débordé sur son quota de parole. Il se replonge dans son univers muet, inaccessible aux autres.
- « 21 décembre 2199, 9:32, température extérieure 35,3° C. »
- «21 décembre 2199, 16:53, température extérieure 53,9° C. »
- Le nom de Lucas Tsana va disparaître à tout jamais.
Lucas Tsana recherché pour paganisme aggravé.
- Un visage de madone et une silhouette à faire se damner le Vatican tout entier.
- Un mari riche et bafoué ne compte pas. Et puis, on dit que je suis le meilleur.
- La pêche et l'écriture lui tiendraient lieu de formidables compagnons de solitude.
- Un sacré sablier qui a égrené une à une mes illusions et tout le reste.
- Ses seins, ses reins, ses jambes, véritable piège à mâle. Piège à con.
- Une vraie pub ambulante pour soap opera, ce garçon.
Éditions : Hermine Noire . Collection Chemin Faisant .
Futur !
Futur

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26 mars 2011

BELLEC Hervé / Un Bon Dieu pour les ivrognes.

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Un bon Dieu pour les ivrognes.
Hervé BELLEC.
Pas toujours!
Note : 5 / 5.
Je ne connaissais pas Hervé Bellec avant de le voir au salon du livre de Guidel, il y a quelques années maintenant. Donc je commence par ce recueil de nouvelles situées dans la cité du Ponant et dans ses environs.
Baptiste se rappelle son arrivée à Brest, mis en pension par ses parents, le voyage en train avec des matelots fumeurs et buveurs de bière, les années de tristesse, puis une fille un soir.... La seconde nouvelle pourrait s'intituler "Elle est partie ma Kiki" où la vue d'un slip de coton va raviver des souvenirs chez un homme qui reste seul avec sa chatte, et dont la tentative d'aventure sexuelle a complètement foiré cette nuit là. Dans la nouvelle qui donne son titre au livre, on suit les changements d'un quartier brestois au travers de la vie de la place Guérin et d'un de ses débits de boissons. Les choses changent, pas forcement en bien. Les quartiers perdent leurs âmes et leurs commerces et même leurs bistrots. Dans d'autres écrits, même la "Celtitude" a ses limites, puis une belle histoire de manuscrit sans nom laissé par une femme anonyme. Un récit qui ressemble à une légende revisitée termine ce recueil. Un personnage récurrent, Baptiste, que nous suivons dans son monde et sur plusieurs années. Des marginaux laissés pour compte de la société, un monde complètement déshumanisé et sans merci, hantent également ce livre. La solitude et l'ennui, la vie que l'on voudrait meilleure, les chances que l'on laisse passer, les promesses non tenues sont la trame de toutes ces histoires. Deux garçons et une fille enceinte, mais aucun des deux n'est le père, ils seront plus que les parrains. Pourquoi, parfois j'ai l'impression que ce livre parle de moi en particulier dans "New-York,New-York", alors que je n'ai jamais mis les pieds dans cette ville. Une écriture de qualité dans sa simplicité, de belles descriptions des tourments de tous les jours, les amours souvent de passage, les copains qui partent et ne reviennent pas toujours. Une mélancolie bien bretonne par moment, toujours ponctuée d'éclairs d'un humour féroce mais qui, moi, me plaît énormément. Je pense avoir pris un abonnement avec cet écrivain. Ses références littéraires (Kérouac, Youenne Gwernig) et musicales étant en plus très bonnes, je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin! Un grand bonheur!
Extraits :
- Vrai je crois même que je l'aime encore.
- Je n'ai rien contre la musique en général, j'aimais bien écouter Bob Dylan ou Neil Young quand les matins étaient ensoleillés.
- C'était un dauphin échoué sur la plage. Un hérisson qui tentait de traverser l'autoroute.
- Ce n'était pas les clochards célestes de Kérouac, nos clodos, c'est juste que le refuge des sans-abri du port fermait ses portes à vingt heures pétantes.
- Oui, elle était seule, coincée derrière les grilles de la nuit.
- Cauchemar d'entre les cauchemars, l'endroit devenait à la mode, courtisé par les pontes de la mairie et les snobinards du centre ville.
- Betty, écoute moi, bon sang. Je viens de boire un coup avec Jack Kérouac....
- "Bretonnes ou Irlandaises, vois-tu, c'est du pareil au même. Même race, même culture. Possessives, exigeantes, colériques".
- J'avais dix sept ans quand j'ai lu "Sur la route" pour la première fois et après ça, plus rien n'a été vraiment pareil pour moi! Tu comprends ce que je veux te dire?
- Mais il fallait raison garder, ce n'était que des bouquins après tout.
Éditions : Coop Breizh (2006).
Chapelle.
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23 mars 2011

AMONOU Isabelle / Morts fines à Morlaix.

Morts_fines
Morts fines à Morlaix.
Isabelle AMONOU.
ote : 4 / 5 .
Le roman d'une famille.
Je ne connais pas du tout cet auteur, née à Morlaix et vivant près de Rennes. « Morts fines à Morlaix » est son premier roman. Un second « Fournaise » a été édité depuis.
Début mai 1968, nous sommes à Morlaix, un pharmacien est retrouvé mort. À cette époque où la province considère que Paris est à feu et à sang et que la guerre civile proche, la thèse du suicide arrange tout le monde, sauf une jeune inspectrice de police Françoise Levasseur. Alfred Lebreton, son épouse Pauline et leur fille Laura forment une famille apparemment sans histoires, membres de la bourgeoisie locale. Pourquoi chercher plus loin !Trente ans plus tard, l'affaire est oubliée, mais Pauline est retrouvée assassinée. Françoise Levasseur est encore en poste à Morlaix, et elle est toujours persuadée que la mort d'Alfred n'est pas due à un suicide. Thèse qui lui semble renforcée par l'assassinat de Pauline.
Pauline avait embauché Michel Cotten, biographe, pour mettre de l'ordre dans ses mémoires. Elle dictait celles-ci, puis lui faisait parvenir les cassettes. Quelques-unes étaient prêtes avant sa mort, mais la police les saisit avant lui. Cela permet à Françoise de les écouter avec un soin très particulier, et petit à petit de connaître la vie de cette femme, qui ne fut pas aussi calme qu'on aurait pu le penser. L'enquête avance plutôt doucement. Du fait de ses activités, dans le journalisme et dans des clubs sociaux, Pauline rencontrait beaucoup de monde. Mais d'après une voisine, un homme venait souvent la voir les derniers temps. Après recoupements, il s'avère qu'il s'agit de Michel Cotten, est-ce son empreinte que la police a trouvée sur les lieux ? Un soir, il invite Laura au restaurant, et ose enfin le geste dont il rêve depuis des années. Il essuie une fin de non-recevoir des plus cinglantes.  Mais le proverbe dit que parfois femme varie...... Mais une autre question se pose : que sont devenues certaines des cassettes enregistrées par Pauline avant sa mort?
Michel Cotten est écrivain, mais d'un genre un peu particulier. Il gagne sa vie en racontant celles des autres . Il s 'essaye parfois à la littérature, romans et nouvelles, mais sans grand succès. La mort de Pauline lui rappelle des souvenirs parfois douloureux. Il était en effet très proche de Laura, sa fille. Mais la vie ne l'a pas épargné, il se remet doucement de problèmes d'alcool et de divorce. Ces différentes rencontres ne vont-elles pas de nouveau le faire retomber dans ses anciens problèmes.
Laura Lebreton, l'amour de jeunesse de Michel, est devenue un écrivain célèbre. Elle vit seule, et financièrement elle ne paraît pas avoir de problèmes particuliers. Et pourtant, son comportement est pour le moins déroutant. Pauline Lebreton, sa mère, s'est remariée et est devenue journaliste, son second mariage s'est avéré rapidement une erreur, que l'on ne peut pas qualifier de jeunesse. Albert Lebreton, pharmacien mort en mai 1968 : il était le symbole d'un homme qui avait réussi, devenant un notable apprécié dans cette ville du Finistère. Alors pourquoi cette mort, et pourquoi Françoise Levasseura-t'elle des doutes sur la cause de ce décès ? Thomas Lebreton est né après la mort de son père, il vend du sommeil à une clientèle aisée, il a peu d'estime pour sa mère et sa soeur et il semble abuser de certaines substances qui lui sont faciles d'accès. Françoise Levasseur, l'inspectrice de police, se souvient du contexte de la mort de ce pharmacien. Les autorités avaient, semble-t-il, d'autres chats à fouetter que d'enquêter sur ce qui semblait être un suicide. Trente ans après, elle cherchera à faire la lumière sur le décès de son épouse. Avec Vincent son supérieur, alors que tout les oppose, ils cherchent, fouillant la moindre piste.
Des écritures croisées, nous retrouvons par exemple Michel Cotten chez le docteur Broux, son psychiatre. Il se remémore sa jeunesse et ses relations avec Laura, gâchées, de sa part, par une timidité maladive. Mais il n'est pas le seul client de ce psychiatre ! Il écrit à Laura, mais garde cette correspondance. Nous suivons également le manuscrit d'un roman policier que Laura est en train d'écrire, fiction ou pas?
L'auteur nous offre en supplément, en début de certains chapitres qui coïncident avec un jour nouveau, une leçon de pharmacopée concernant la morphine. Je ne suis pas assez scientifique pour vous en faire un résumé. Un très bon roman, avec une intrigue qui tient en haleine, mais qui réclame beaucoup d'attention, car l'auteur ne respecte pas forcément l'ordre chronologique des événements.
Extraits :
- C'est insensé, je le sais, mais je ne parviens pas à t'oublier.
- Gauche caviar, celle-là, pas comme Vincent, plutôt droite champagne.
- Elle semblait épuisée, au bord de la rupture nerveuse. Je l'ai laissé parler.
- J'ai changé de milieu, comme on dit, j'ai intégré la bourgeoisie bien-pensante d'une petite ville de province.
- ... le type n'a pas aimé la façon dont je parlais de Kerouac, et pourtant....
- Les morts finalement étaient toujours des gens extraordinaires... quand ils sont morts.
Je préfère encore avaler des pesticides, des nitrates et autres saloperies bien de chez nous.
- Ma vie est vraiment mal faite. Depuis que je ne bois plus, je n'ai plus de femme.
- Absurdement, tout à coup, me sont venues à l'esprit les paroles de la chanson de Brel....
ils ont nagé si bien, ils ont nagé si loin, qu'on ne les revit plus...
Faut dire, qu'on ne nous apprend pas à se méfier de tout....
- Parce que je le manipule. Et je n'aime pas ça.
Éditions : An Tu All Ar Mor. (2004)
Ce roman a obtenu le grand prix 2005 du « Goéland masqué » au festival du roman policier de Penmarch.
Officine.
Officine

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